Yveline Féray

Yveline Féray, la Bretonne passionnée du Vietnam

 

Yveline Feray
Yveline Feray

 

Lorsqu’on lui demande d’où vient son amour du Vietnam, Yveline Féray répond :

«Je crois que c’était prédestiné, je le sentais depuis l’enfance, puis il y a eu la rencontre avec mon mari, dont une partie des origines vient du Vietnam. Il y a peut-être aussi l’idée un peu magique de la réincarnation qui est très importante dans ces cultures asiatiques, qui sait, si je n’ai pas vécu une autre vie près d’eux, parmi eux…» Le Télégramme

 

Le Tonlé Sap à Siem Reap
Le Tonlé Sap à Siem Reap

 

D’origine bretonne, Yveline Féray fait ses études secondaires et supérieures à Nice. C’est sur les bancs de la fac où elle se nourrit des cours du grand médiéviste Georges Duby qu’elle rencontre un jeune homme dont les traits révèlent les origines métisses. Il s’appelle Pierre-Richard Féray, franco-indien de Pondichéry, par son père, et Vietnamien, par sa mère. Il deviendra son mari.

Le couple s’installe au Cambodge, où Pierre-Richard obtient un poste d’enseignant.
Yveline Féray en rapporte son premier roman, La Fête des eaux (1966).

Le jour de la pleine lune de fin octobre ou début novembre, les Cambodgiens acclament le changement du sens du cours d’eau du Tonlé Sap, le moment où le lac se déverse dans le fleuve : un événement unique au monde.

Rentrée en France, elle se passionne pour l’œuvre  du Brestois de Pékin, Victor Segalen. «Il est l’un des premiers à rentrer dans une culture qui n’était pas la sienne. Avec lui, le rapport à l’autre devient un échange, totalement dénué de mépris, et ce, en pleine domination coloniale». Elle lui dédie son deuxième roman, «Les Promeneurs de nuit» (Julliard, 1976)
Victor Segalen (1878-1919)

 

Victor Segalen (1878-1919)
Victor Segalen (1878-1919)

 

Sept ans de travail pour Van Xuan, son œuvre phare

 

Nguyen Trai - 1380-1442
Nguyen Trai (1380-1442),

 

« Un jour, mon mari est rentré d’un symposium au Vietnam en disant: j’ai le sujet de ton prochain livre! ». Et voilà Yveline Féray embarquée pour sept ans aux côtés de Nguyen Trai, le mandarin, poète, stratège du Moyen Âge vietnamien. Elle obtient une bourse de son éditeur et part un an au Vietnam (1982-83) pour consulter les archives, rencontrer les spécialistes, établir sa bibliographie.

 

« Je voulais aller aussi loin, ou plus loin que Segalen. Je voulais montrer à mes compatriotes que le Vietnam était une terre de vertu et de belle culture bien avant qu’on n’y mette les pieds».

En 1989, au terme d’un long travail, paraissent Dix mille printemps (Van Xuan) aux éditions Julliard (825pages).Le livre est salué par la critique et par le général Giap pour qui « cette tentative osée de romancer la vie de Nguyên Trai constitue un succès».

L’ouvrage en deux tomes est réédité en poche chez Philippe Picquier.

Elle se consacre ensuite à un autre personnage historique, Lê Huu Trac, mandarin et médecin du 18e siècle, qui sera le héros de Monsieur le Paresseux, Lan Ong (Robert Laffont – 2000)

Jusqu’à 2005, elle est documentaliste du fonds sur  l’Asie du Sud-Est à la Faculté des Lettres de Nice et vit maintenant en Bretagne, à Dinan, la ville natale d’Auguste Pavie, « l’explorateur aux pieds nus » [1]

De l’histoire, Yveline Féray est passée aux contes qui maintiennent le lien avec l’Asie :

Contes d’une grand-mère» chinoise, Contes d’une grand-mère indienne, Contes d’une grand-mère tibétaine, japonaise

Pour ses contributions et son amour du pays, le gouvernement vietnamien lui a décerné en 2002 l’Ordre de l’Amitié.

 

Source www.letelegramme.fr

1 – Explorateur, ethnologue, photographe des rives du fleuve Mékong (« mission Pavie » 1889-1890), il fut le premier vice-consul de France au Laos(1887), Consul-général de France à Bangkok en 1892, puis commissaire général au Laos en 1893.

 

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